Parfums aux phéromones

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Les phéromones sont depuis longtemps des composants entourés de mystère dans les parfums. En bref, les phéromones peuvent être décrites comme des molécules odorantes qui transmettent différents messages, allant de la disponibilité sexuelle à l’agressivité. Même si la science débat encore du sujet, on dit que les phéromones humaines sont un mélange de substances odorantes que l’organe olfactif du destinataire peut percevoir, même à des concentrations très faibles et le plus souvent de manière totalement inconsciente. Dans le règne animal, il est très courant que les animaux communiquent avec leur environnement grâce aux phéromones.

Chez l’homme, l’importance des phéromones comme outil de communication a diminué au fil de millions d’années d’évolution. Ce sont surtout l’acuité de la vue et de l’ouïe humaines qui ont émoussé notre capacité à interpréter les phéromones. Elles ne nous livrent plus de message clair, mais laissent surtout une impression diffuse.

Une tendance marquante de ces dernières années dans l’univers du parfum est la tentative de recréer les phéromones dans le parfum. Nous osons affirmer que jamais on n’a été aussi proche d’y parvenir. Ce n’est peut-être pas la composition technique à laquelle pensent nos scientifiques lorsqu’ils parlent de phéromones, mais il s’agit néanmoins de senteurs qui évoquent le sexe, l’anus, la sueur et les fluides corporels. Des signaux olfactifs qui, sans aucun doute, nous touchent à un niveau bien plus profond que le simple parfum d’agrumes du duty free.

Cela pourra en rebuter certains, mais il n’est pas question ici que ces parfums sentent bon de la même manière simple qu’une fragrance de créateur destinée au grand public. Leur vocation est tout autre, et leur composition bien plus complexe que ce que l’amateur apprécie généralement.

Un fil conducteur dans notre sélection de parfums est la présence constante du musc. Historiquement, le musc était extrait de la glande du cerf porte-musc, et cette note « organique » a été préservée, même si le musc animal d’aujourd’hui est exclusivement synthétique. Le musc confère au parfum une profondeur et une âpreté brute qui orientent l’esprit vers des horizons bien différents des barbes à papa et des vergers d’agrumes. Dans certaines fragrances, comme Xerjoff Oud Stars Al-Khatt, la note sexuelle est si prononcée qu’elle prend presque toute la place.

Penhaligon’s Roaring Radcliff est nettement plus accessible. En tête, on retrouve des notes simples et séduisantes de rhum, de tabac et de pain d’épices, mais sous la surface se cachent aussi des accords sensuels de fève tonka, de miel et de cire d’abeille. C’est justement la cire d’abeille qui apporte une note lourde, chargée de volupté, qui évoque sans détour le règne animal et tout ce qu’il implique.

Xerjoff Oud Stars Mamluk est un autre parfum qui évoque les phéromones. La fragrance est douce, puissante, sombre et saturée d’oud, l’un des bois les plus précieux au monde, très prisé dans la parfumerie orientale. Ce parfum n’est pas destiné à tout le monde. En revanche, il confère à son porteur prestance, harmonie et sérénité. Ici aussi, la dimension sexuelle est omniprésente, mais de façon moins marquée que dans son pendant Al-Khatt.

Les notes animales reviennent sans cesse dans ces parfums. Des notes qui rappellent l’étable ou le zoo. Non lavé, organique. On dit qu’un parfum doit comporter un élément rugueux, presque dérangeant, pour compléter la beauté et l’harmonie. C’est cet élément qui rend le parfum intéressant et complexe. Dans Penhaligon’s Paithani, le labdanum plane, dense et lourd, sur le cuir et la rose. L’association de la peau animale et du labdanum, rehaussée par la douceur insistante de la rose, crée une fragrance qui s’éloigne radicalement des sentiers battus. Même si notre odorat s’est émoussé et perçoit difficilement les signaux subtils du sexe opposé, ici, aucun doute n’est permis. Paithani s’impose avec une clarté implacable.

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